Ces deux nations insulaires du Pacifique s’apprêtent à accueillir des rencontres préparatoires décisives avant le grand sommet de la COP31 en novembre prochain. Une opportunité de mettre en lumière leur extrême vulnérabilité face au réchauffement climatique.
Le Forum des îles du Pacifique (PIF) a annoncé, jeudi 26 février 2026, que les Fidji et Tuvalu accueilleront des réunions de haut niveau en amont de la COP31, le prochain sommet climatique des Nations unies prévu en novembre en Turquie.
« Je suis heureux d’annoncer qu’à l’issue d’un processus de consultation politique, la réunion pré-COP31 se tiendra aux Fidji en octobre 2026, avec une composante spéciale des dirigeants prévue à Tuvalu », a déclaré Jeremiah Manele, président du PIF et Premier ministre des Îles Salomon, dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.
En parallèle, Palaos participera à cette dynamique régionale en organisant un événement dédié à la lutte contre le changement climatique, en marge du 55e sommet des leaders du PIF, prévu sur son territoire en septembre prochain.
Un accord diplomatique arraché de haute lutte entre Ankara et Canberra
Cette annonce découle d’un long bras de fer entre la Turquie et l’Australie, qui se disputaient depuis plusieurs mois l’organisation du principal rendez-vous climatique mondial.
Après de difficiles tractations, les deux capitales sont parvenues, en novembre dernier, à un accord de co-organisation inédit, mettant fin à une impasse qui menaçait le bon déroulement du processus de négociation.
En vertu de ce compromis, la Turquie conserve la responsabilité logistique et protocolaire de la COP31, tandis que l’Australie se voit confier la coordination politique des discussions et un rôle moteur dans la conduite des négociations internationales.
Le ministre australien Chris Bowen doit notamment diriger l’ensemble des négociations préparatoires, puis celles menées sur le sol turc durant le sommet.
Donner de la voix aux nations vulnérables
Dans ce partage des rôles, le Pacifique, dont Canberra se proclame proche allié, se voit attribuer l’accueil des réunions préparatoires. Une concession hautement symbolique qui offre à la région une visibilité sans précédent sur la scène climatique mondiale.
« La pré-COP est une chance de montrer que, face au changement climatique, les nations les plus vulnérables peuvent montrer la voie, et que les nations les plus puissantes du monde peuvent les écouter », a ainsi salué Manele.
Une déclaration qui fait écho à la réalité urgente à laquelle sont confrontés ces États insulaires. à très faible altitude, les îles du Pacifique subissent en effet de plein fouet la montée des eaux, la multiplication des cyclones, l’érosion des côtes et la salinisation des nappes phréatiques.
Autant de menaces existentielles que leurs représentants comptent bien mettre au centre des débats. « Accueillir ces réunions de la COP est une opportunité pour la communauté internationale d’entendre directement le peuple du Pacifique », souligne la ministre australienne des Affaires étrangères, Penny Wong, dans un communiqué.
