En Afrique, Lagos mise sur l’assurance pour survivre aux inondations

La deuxième du Nigeria vient de contracter une police d’assurance inondation couvrant jusqu’à quatre millions de personnes, dans un contexte de montée des eaux et de dérèglement climatique croissant. Objectif : faire en sorte de limiter les dégâts en parant au plus pressé dès la survenance de la catastrophe.

L’État de Lagos, vaste métropole côtière de 22 millions d’habitants et véritable moteur économique du Nigeria, a annoncé le 26 mars dernier la souscription d’une police d’assurance contre les inondations. D’un montant de 7,5 millions de dollars, cette couverture dite « paramétrique » vise à protéger jusqu’à quatre millions de résidents vulnérables.

Les bénéficiaires se concentrent principalement dans sept zones d’administration locale (LGAs) particulièrement sujettes aux débordements et aux crues. « Dès qu’une forte probabilité d’inondation est détectée, des satellites sont mobilisés pour surveiller la ville et générer des images déclenchant automatiquement le paiement », explique Karina Whalley, responsable du secteur public chez Axa Climate, codirigeante du projet interrogée par RFI.

Ce mécanisme permettra de venir en aide aux nécessiteux sans avoir à attendre l’évaluation des dommages post-catastrophe, qui peut s’avérer assez longue, coûteuse et source de contestations.

Un dispositif pensé pour les urgences climatiques

« Car souvent, une inondation a un effet boule de neige et débouche sur une crise sanitaire, puis de la malnutrition. C’est pour éviter cela qu’il faut que l’indemnité soit très rapidement versée, quand les gens en ont le plus besoin », souligne Tuga Alaskary, du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD), également citée par RFI.

Ce mécanisme offre deux avantages majeurs dans le contexte africain : la rapidité des décaissements, qui permet une intervention immédiate des autorités, et la prévisibilité budgétaire, essentielle à la planification des secours et de la reconstruction.

Il s’agit de l’une des initiatives climatiques les plus ambitieuses jamais mises en place par une collectivité territoriale en Afrique subsaharienne. C’est aussi une bouffée d’oxygène pour les autorités locales, même si le montant assuré ne suffira probablement pas à couvrir tous les besoins.

Exposée à la montée du niveau de l’Atlantique et à des épisodes pluvieux de plus en plus intenses, Lagos figure en effet parmi les cités africaines les plus fragiles face aux dérèglements climatiques.

Un financement à géométrie variable, majoritairement porté par l’Allemagne

Chaque saison des pluies, des quartiers entiers sont submergés, les infrastructures endommagées et des milliers de familles doivent quitter leurs habitations.

Le gouverneur Babajide Sanwo-Olu a averti que l’inaction climatique pourrait coûter jusqu’à 40 milliards de dollars à Lagos d’ici 2050, impactant lourdement son économie et ses infrastructures. « Nos zones humides et notre biodiversité sont également menacées », a-t-il déclaré.

L’Insur Resilience Solutions Fund, fonds international dédié à la résilience climatique dans les pays en développement et financé principalement par le gouvernement allemand, prend en charge 90% du coût de la prime d’assurance.

L’État de Lagos assumera les 10% restants, avec la perspective d’augmenter progressivement sa contribution au cours des prochaines années. L’objectif final est de favoriser une appropriation locale de ce mécanisme afin de réduire la dépendance aux partenaires étrangers.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *