La Turquie sécurise 9 milliards de dollars pour son nucléaire

Le financement provenant de la Russie devrait accélérer le projet dont la mise en service est prévue cette année.

La Turquie a annoncé la semaine dernière, par la voix de son ministre de l’Énergie et des Ressources naturelles, avoir conclu avec la Russie un accord de financement de 9 milliards de dollars destiné à la construction de la centrale nucléaire d’Akkuyu.

Implanté dans la province de Mersin, sur la côte méditerranéenne, il s’agit du premier réacteur nucléaire du pays, d’une capacité totale estimée à 4 800 mégawatts. Selon le ministre Alparslan Bayraktar, la nouvelle enveloppe sera principalement déployée entre 2026 et 2027, dont 4 à 5 milliards dès 2026 au titre de financement externe.

Ce soutien supplémentaire doit consolider la dernière phase du chantier, dont la mise en service, initialement fixée à 2025, a été repoussée à cette année. Par ce biais, Moscou — qui, via la société publique Rosatom, construit, détient et exploitera la centrale durant tout son cycle de vie — cherche à sécuriser son investissement.

Un projet ambitieux aux multiples défis

Pour Ankara, cet accord représente un véritable coup d’accélérateur à l’un de ses chantiers d’infrastructure les plus stratégiques, après des années de retards. Le partenariat avec la Russie remonte à plus de quinze ans.

Depuis, la construction a progressé de manière irrégulière, freinée par les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales, les contraintes financières et les obstacles réglementaires. Pourtant, le projet reste au cœur de la stratégie turque visant à renforcer son autonomie énergétique.

Cette nécessité s’explique par la forte dépendance du mix énergétique national aux combustibles fossiles importés, notamment au gaz naturel. Les autorités cherchent de longue date à diversifier les sources et les technologies afin de réduire l’exposition du pays aux fluctuations des marchés internationaux.

Dans cette optique, le nucléaire — capable d’assurer une production stable et faiblement émettrice de gaz à effet de serre — est présenté par les responsables turcs comme un levier essentiel de compétitivité économique et de transition climatique.

Ankara multiplie les options nucléaires et solaires

Au-delà du site d’Akkuyu, la Turquie mène des discussions avec des partenaires comme la Corée du Sud, la Chine, les États-Unis, entre autres, en vue de futurs projets nucléaires dans la province de Sinop, sur la mer Noire, et dans la région de Thrace, sur le versant européen du pays.

Les autorités disent rechercher « l’offre la plus compétitive » et souhaitent définir des objectifs précis en matière de production nucléaire nationale. Elles explorent parallèlement le développement de petits réacteurs modulaires (SMR), une technologie émergente pouvant compléter les grandes installations et offrir des solutions énergétiques souples et évolutives.

En complément du nucléaire, Ankara mise aussi sur les énergies renouvelables, en particulier le solaire, afin d’accompagner la transition énergétique et de répondre à une demande d’électricité en forte expansion.

Le ministre Bayraktar a ainsi évoqué des négociations avancées avec l’entreprise saoudienne ACWA Power autour d’un vaste projet solaire de 5 000 mégawatts, dont un premier accord de 2 000 mégawatts pourrait être signé d’ici le premier trimestre 2026, réparti entre les provinces de Sivas et Taşeli.

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