Le Mondial 2026, champion du monde de la pollution

La grand-messe du football nord-américaine devrait être marquée par un record carbone sans précédent, porté par l’explosion du transport aérien sur un continent-océan.

Alors que le coup d’envoi de la Coupe du monde 2026 approche, chercheurs, militants climatiques et universitaires convergent vers un même constat : ce tournoi de tous les superlatifs pour la FIFA est en passe de devenir l’événement sportif le plus carboné de l’histoire.

Organisée pour la première fois dans trois pays simultanément — États‑Unis, Canada et Mexique —, cette édition nord‑américaine cumule plusieurs facteurs aggravants, à commencer par un format élargi à 48 équipes.

S’y ajoutent 104 matchs disputés dans 16 villes réparties sur un continent‑océan, avec des distances pouvant atteindre 4 000 kilomètres entre certains sites, de Vancouver à Mexico en passant par Miami ou Boston.

Le résultat, selon les estimations de la plateforme de comptabilité carbone Greenly, avoisinerait 9 millions de tonnes de CO₂ émises en 39 jours, soit près du double des quelque 5 millions de tonnes associées au Mondial 2022 au Qatar.

Le transport aérien, principal accusé

Ce tournoi de 2022 avait déjà suscité une vague de critiques pour la construction de sept stades neufs dans un pays grand comme l’Île‑de‑France et exposé à des conditions météorologiques extrêmes.

Sur sa durée, l’empreinte carbone de la Coupe du monde 2026 serait comparable à celle d’une ville comme Rome sur une année entière, estime le climatologue Davide Faranda (LSCE/CNRS), spécialiste de l’attribution des événements extrêmes au changement climatique, cité par RFI.

Le New Weather Institute, groupe de réflexion britannique dédié à la transition énergétique, va plus loin encore en soulignant que ce bilan représente le double de la moyenne des quatre précédentes éditions, entre 2010 et 2022.

À l’origine de cette flambée se trouve un facteur central : l’avion. Le transport aérien concentre à lui seul l’essentiel de la catastrophe climatique annoncée. D’après les calculs du New Weather Institute, les vols liés à la compétition généreraient 7,72 millions de tonnes de CO₂, soit plus de 85% du total.

Des solutions qui ne suffiront pas

Pour cause, plus de 6 millions de supporters sont attendus, contre 3,4 millions au Qatar en 2022, et une large proportion d’entre eux effectueront des trajets intercontinentaux avant de se déplacer de ville en ville à l’intérieur du continent américain.

Chaque spectateur ferait en moyenne près de 18 000 kilomètres par avion, une distance considérablement supérieure à celle des éditions précédentes, en raison de l’éloignement des pays participants et de la géographie même des villes hôtes.

À cette marée de supporters s’ajoutent les voyages des 48 sélections qualifiées, contraintes de traverser le continent pour disputer leurs matchs de poules puis les phases à élimination directe.

Face à ce constat, les spécialistes mettent en avant quelques leviers individuels. Le plus efficace consiste à suivre les rencontres à domicile, dans un bar ou chez des amis, afin d’éviter l’émission de plusieurs tonnes de CO₂ par personne.

Pour ceux qui décident malgré tout de se rendre sur place, il est recommandé de privilégier le train, le covoiturage ou les navettes électriques entre villes hôtes. Mais ces efforts, aussi vertueux soient‑ils, ne peuvent compenser le poids écrasant des vols intercontinentaux qui structurent ce Mondial.

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