Avec moins de 60% de taux de récupération, l’Hexagone accuse un retard considérable sur ses voisins européens. La mise en place d’un système de consigne apparaît désormais inévitable pour respecter les objectifs fixés par Bruxelles.
« Je pense qu’il faut désormais passer à l’action ». C’est en ces termes qu’Emmanuel Macron a évoqué la nécessité de s’attaquer pleinement à la question du recyclage des bouteilles plastiques, mardi 19 mai, en marge d’un conseil de planification écologique.
« La consigne pourra faire partie des leviers d’action étudiés », a déclaré le chef de l’État, demandant au gouvernement d’engager des concertations avec l’ensemble des acteurs de la filière pour définir les actions concrètes permettant d’atteindre les objectifs de recyclage fixés à l’horizon 2030.
En effet, seules 55% des bouteilles en plastique sont actuellement recyclées dans l’Hexagone, loin des 77% requis par Bruxelles. L’objectif de 90% à atteindre d’ici la fin de la décennie apparaît désormais comme un défi majeur, d’autant que les performances françaises stagnent, voire régressent légèrement ces dernières années.
« Je rappelle qu’aujourd’hui, nous payons 1,5 milliard d’euros parce qu’on ne respecte pas les normes européennes. Alors, s’il y a des ministères qui ont 1,5 milliard d’euros en trop, il faut tout de suite le signaler », a déclaré Macron, relevant l’enjeu financier derrière la démarche.
Un écart marqué avec les voisins européens
La comparaison avec les pays d’Europe du Nord met en évidence le retard français. En Allemagne, au Danemark, en Norvège ou encore en Finlande, plus de 90% des bouteilles plastiques sont collectées.
Cet écart s’explique en partie, selon RTL, par une sensibilisation plus ancienne aux enjeux environnementaux, mais surtout par la mise en place de systèmes de consigne déjà opérationnels.
L’exemple de l’Irlande illustre l’efficacité du dispositif : un an après son introduction en 2024, le nombre de bouteilles abandonnées dans la nature a été divisé par deux. De quoi renforcer l’idée d’une action rapide. S’agissant du mécanisme, le consommateur paie un supplément lors de l’achat, qu’il récupère en rapportant le contenant vide dans un point de collecte.
Le défi de la réduction de la consommation
Au-delà des exigences européennes, la consigne s’impose comme un levier environnemental de plus en plus incontournable. Continuer à produire de nouvelles bouteilles alors que la matière peut être recyclée apparaît de moins en moins pertinent, tant sur le plan économique qu’écologique.
Les discussions s’annoncent toutefois complexes avec les élus locaux, opposés au dispositif depuis plus d’un an. Ils soulignent que les plastiques collectés sont actuellement revendus aux centres de tri, générant des revenus pour les collectivités. La mise en place d’un système de consigne, avec ses infrastructures dédiées, pourrait ainsi concurrencer cette manne financière
Reste que la solution la plus durable réside dans une réduction significative de la consommation. Avec plus de 4,5 millions de tonnes utilisées chaque année, soit environ 70 kilogrammes par habitant, la France figure parmi les plus gros consommateurs de plastique en Europe, selon France 24.
