La course contre la montre pour préserver les océans est lancée

Le Traité sur la haute mer est désormais en application, marquant le tout premier accord juridiquement contraignant visant à sauvegarder la biodiversité marine dans les zones internationales.

Depuis le 17 janvier 2026, du plancton microscopique aux baleines géantes, en passant par les poissons, coraux, mollusques, crustacés et algues, toute la faune et la flore marine bénéficient désormais d’un bouclier protecteur grâce à l’entrée en vigueur du Traité sur la haute mer.

Officiellement intitulé « Accord sur la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine des zones situées au-delà de la juridiction nationale » (BBNJ), ce texte constitue le premier instrument juridiquement contraignant destiné à préserver la vie océanique.

Longtemps perçue comme un territoire sans véritable autorité, la haute mer s’impose pourtant comme un maillon essentiel du système terrestre. Elle joue un rôle déterminant dans la régulation du climat, la production d’oxygène et le stockage du dioxyde de carbone.

Ces immenses espaces maritimes représentent également une source vitale de nourriture pour des milliards d’êtres humains. Adopté le 19 juin 2023 par la conférence intergouvernementale des Nations Unies, le BBNJ couronne un processus entamé en 2006.

Quatre piliers pour une gestion durable

Selon le secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, cet accord « comble une lacune majeure dans la gouvernance mondiale afin de garantir un océan résilient et productif pour tous ». Un enjeu crucial, d’autant que 90% des marchandises échangées sur la planète transitent par les eaux internationales.

Les routes maritimes qui traversent la haute mer sont en effet, les véritables artères du commerce mondial, faisant de leur sécurité et de leur libre circulation une condition essentielle à la stabilité économique globale. La vie marine, elle, contribue de manière décisive à l’équilibre de la planète.

Elle assure notamment la production d’oxygène via le phytoplancton, l’absorption et le stockage du CO₂, la régulation des températures et l’approvisionnement alimentaire. Sans les océans, l’équilibre de la biosphère serait tout simplement menacé.

Le texte s’articule ainsi autour de quatre grands axes qui structurent son approche intégrée. Le premier pilier concerne les ressources génétiques marines, avec pour objectif un partage juste et équitable des bénéfices qui en découlent.

Le défi de la ratification universelle

Ces ressources, prometteuses dans les domaines pharmaceutique, cosmétique ou nutritionnel, offrent un potentiel économique encore mal évalué, mais déjà porteur d’immenses espoirs. L’intérêt croissant pour leur exploitation témoigne de l’ampleur des enjeux.

Le deuxième pilier introduit des outils de gestion spatiale, notamment la mise en place d’aires marines protégées en haute mer. Une avancée que Greenpeace qualifie de « plus grande victoire jamais obtenue pour la conservation des océans ».

Elle rend désormais tangible l’objectif de protéger 30% des mers d’ici 2030, conformément au Cadre mondial de la biodiversité. Le troisième pilier institue un cadre mondial pour les évaluations d’impact environnemental.

Enfin, le quatrième axe porte sur le renforcement des capacités et le transfert de technologies marines au profit des pays les plus vulnérables. Pour les coalitions environnementales telles que la High Seas Alliance, citées par Reuters, la priorité réside désormais dans la ratification universelle, alors qu’à ce jour, 83 États ont apposé leur signature au bas du traité.

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