Londres rouvre le robinet du gaz en mer du Nord, les écologistes crient au scandale

Le gouvernement britannique approuve l’exploitation du champ gazier de Jackdaw, évoquant la nécessité de desserrer l’étau de la crise énergétique autour du pays. Au grand dam des défenseurs de l’environnement.

« Vous vous comportez comme des climatosceptiques ! Luttons contre la crise climatique ! Les parcs du National Trust partent en fumée ! Arrêtez votre écoblanchiment ! »

C’est sur fond de ces appels à la conscience climatique du gouvernement britannique que des militants de Fossil Free London se sont rassemblés mercredi 21 octobre devant le ministère de la Sécurité énergétique et de la Neutralité carbone, à Londres.

En cause : l’approbation, quelques heures plus tôt, par le Premier ministre Andy Burnham, d’une nouvelle exploitation gazière au large d’Aberdeen, en mer du Nord, plus précisément sur le site de Jackdaw. Soit le plus important gisement britannique à recevoir une autorisation depuis dix ans.

« Une approche pragmatique », selon le chef du gouvernement, face à la crise énergétique induite par l’instabilité dans le détroit d’Ormuz depuis l’éclatement de la guerre entre les États-Unis et l’Iran.

La dépendance extérieure comme justification

« Même en suivant notre trajectoire climatique ambitieuse, nous aurons encore besoin de pétrole et de gaz pour satisfaire une partie de nos besoins énergétiques pendant plusieurs décennies », a indiqué Burnham dans un communiqué cité par le New York Times (NYT).

Il s’agit, d’après le journal, pour le gouvernement, de réduire la dépendance du Royaume-Uni aux importations de combustibles fossiles, mais aussi de lutter contre la volatilité des prix qui étreint les ménages.

À en croire la ministre de l’Énergie Miatta Fahnbulleh, la production issue de Jackdaw — soit 6% de la production totale de gaz en mer du Nord — pourrait, dès les prochaines semaines, irriguer le réseau national, de quoi alimenter les foyers.

Westminster a par ailleurs annoncé, dans la foulée, la création d’un fonds national de richesse énergétique, axé sur le développement des énergies renouvelables. Doté d’une enveloppe de deux milliards de livres sterling, ce dispositif sert de gage de l’engagement de l’État en faveur de la cause climatique.

Un projet exagéré et désastreux ?

Pas de quoi rallier les défenseurs du climat, qui dénoncent un projet en contradiction avec les engagements du pouvoir en matière de transition. « Nous ne pouvons pas nous permettre de brûler de nouvelles ressources fossiles. C’est très clair », a réagi sur ITV News Areeba Hamid, de Greenpeace, rappelant le consensus scientifique sur le caractère climaticide de ces énergies.

Elle décrit une « mauvaise décision » qui ne réduira pas les factures d’électricité, contrairement aux promesses du gouvernement. « (…) Ce gisement ne contient pas assez de gaz pour garantir notre sécurité énergétique », a ajouté l’activiste.

« Les avantages de Jackdaw ont été exagérés. C’est grâce aux énergies propres que nous ferons baisser les factures et réindustrialiserons les régions », a déclaré, pour sa part, Tessa Khan, directrice exécutive d’Uplift, une organisation écologiste britannique, interrogée par le New York Times.

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