Blue Origin hérite d’un contrat pour la construction d’une antenne-relais spécialement dédiée aux communications de l’agence spatiale américaine sur la planète rouge.
Le mardi 1er septembre 2026 marque peut-être un tournant dans le processus d’exploration de Mars. La NASA a annoncé, dans un communiqué publié sur sa plateforme, avoir confié à Blue Origin une mission bien particulière : la construction d’un relais de télécommunications autour de cette planète tant convoitée par les hommes.
Baptisé Mars Telecommunications Network (MTN), il s’agira d’un nouvel orbiteur destiné à assurer une liaison laser permanente entre les satellites en orbite terrestre et ceux situés autour de Mars, grâce notamment à un débit annoncé de 100 Mbps.
Rien de révolutionnaire, à première vue, sachant que les satellites Astra ou Hotbird, qui diffusent la télévision, peuvent déjà transmettre des centaines de mégabits. La différence concerne ici la distance, autrement plus grande, entre Mars et la Terre.
Le nouveau satellite, qui devrait être construit à partir du vaisseau Blue Ring de Blue Origin, servira non seulement de relais de communication, mais pourra également envoyer des engins spatiaux et d’autres instruments vers Mars.
Un relais indispensable pour cerner Mars
Il dispose de 13 ports différents sur lesquels peuvent être installés des instruments scientifiques ou de petits engins spatiaux capables de s’en détacher. Cela devrait remplacer les orbiteurs-relais actuellement utilisés jusqu’ici, mais désormais vieillissants.
En plus de leur ancienneté, Mars Odyssey et Mars Reconnaissance Orbiter — puisqu’il s’agit d’eux — ne sont plus optimaux dans leur fonctionnement. En effet, faute d’énergie suffisante, leurs données sont d’abord transmises à un satellite en orbite autour de Mars.
Une fois les conditions réunies, celui-ci renvoie ensuite les informations vers la Terre. L’objectif de MTN est de recevoir plus rapidement les photos envoyées par les rovers déjà présents sur Mars et de s’assurer que la planète rouge est prête à accueillir des humains.
C’est d’autant plus essentiel que la NASA projette d’envoyer des humains sur Mars entre 2030 et 2040. La planification de ces missions est d’ailleurs déjà en cours. Une initiative qui reflète aussi l’ambition américaine de renforcer sa domination dans l’espace.
Un projet à 700 millions de dollars
Pour faire de Mars Telecommunications Network une réalité, Blue Origin bénéficie d’une enveloppe de 700 millions de dollars allouée par le Congrès, avec un cahier des charges qui prévoit une livraison au plus tard le 31 décembre 2028.
L’entreprise fondée par Jeff Bezos assure, de son côté, avoir commencé la production de ses Blue Rings et être actuellement capable d’en fabriquer jusqu’à quatre par an. Le groupe, distancé dans la course aux fusées et aux vols habités, devrait se servir de ce projet pour prendre de l’avance dans les communications spatiales.
Il était en concurrence avec son rival Rocket Lab dans le cadre de l’appel à candidatures. Le contrat témoigne, une nouvelle fois, du retour de Blue Origin dans les bonnes grâces de l’administration fédérale sous la présidence de Donald Trump.
