Au Brésil, la déforestation de l’Amazonie perd du terrain

La forêt amazonienne a connu, ces douze derniers mois, son plus bas niveau de déboisement depuis dix ans, d’après les derniers chiffres communiqués par les services brésiliens.

L’Amazonie respire, et c’est tant mieux pour le climat. Le poumon vert de la planète a enregistré sa plus faible perte de couvert forestier en une décennie, entre août 2025 et juillet 2026, selon les données publiées vendredi 7 août 2026 par l’Institut national de recherches spatiales (INPE).

L’organisme scientifique brésilien, référence en matière d’observation de la Terre et de surveillance spatiale, indique en effet que 2 874 km² de forêt ont été rasés sur l’exercice considéré, soit 37% de moins qu’au cours des douze mois précédents, où le total s’élevait à environ 4 500 km².

Ce résultat vient consolider la tendance observée depuis le retour au pouvoir du président Luiz Inácio Lula da Silva en 2023. Le chef de l’État, connu pour sa fibre pro-climat, avait érigé la lutte contre la déforestation illégale en l’une de ses priorités, avec le déploiement d’un plan détaillé.

Pour « zéro déforestation en 2030 »

Présenté cinq mois seulement après son accession à la tête de l’État, celui-ci prévoyait une surveillance et une répression renforcées, la création et l’extension d’aires protégées, ainsi que la traçabilité et la promotion d’une économie durable, le tout soutenu par d’importants investissements.

L’objectif est notamment d’aboutir à un déboisement « zéro » à l’horizon 2030. Un sacré défi, tant les quatre années de mandat de Jair Bolsonaro — climatosceptique avéré —, de 2019 à 2022, ont été désastreuses pour la plus grande forêt tropicale du monde.

Cette séquence a ainsi culminé avec le pic de 12 500 km² de forêt détruite en 2022. « Les chiffres montrent que, si nous gardons ce rythme, avec ce sérieux, et en y mettant les moyens nécessaires, nous pouvons atteindre l’objectif », a déclaré Lula, cité par RFI, lors de la présentation de ces résultats au siège de l’INPE, à São José dos Campos, près de São Paulo.

Une bonne nouvelle pour la campagne

« Je suis venu ici pour montrer que personne, personne, personne, même pas les États-Unis, ne prend la question climatique au sérieux comme le fait le Brésil, personne », a-t-il souligné.

Il s’agit également, pour le chef de l’État, candidat à sa propre succession dans deux mois, de mettre en avant ses avancées environnementales, à l’heure où le réchauffement climatique se fait chaque jour un peu plus menaçant à travers la planète.

L’enjeu est d’autant plus crucial pour le candidat du Parti des travailleurs que les derniers sondages ne lui accordent qu’une légère avance en vue d’un éventuel second tour face à Flávio Bolsonaro, sénateur de Rio de Janeiro et fils aîné de l’ancien président, investi par le Parti libéral.

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