Blackout à Cuba, boom du solaire

Face à une crise énergétique sans précédent, les Cubains se tournent massivement vers l’énergie solaire pour survivre au quotidien.

« En plus d’être une source d’énergie propre et respectueuse de l’environnement, elle permet aussi de réduire les coûts d’exploitation. » Ces mots de Dariem Soto-Navarro, gérante d’un café à La Havane, rapportés par Reuters, illustrent l’engouement croissant des Cubains pour le solaire.

L’île caribéenne traverse une période particulièrement difficile. Les restrictions imposées par les États-Unis sur les livraisons de pétrole à Cuba, notamment celles en provenance du Venezuela — principal fournisseur du pays —, ont provoqué une grave pénurie de carburant qui paralyse l’économie et fragilise les ménages.

Les coupures d’électricité, pouvant durer plusieurs heures, rythment le quotidien des habitants, poussant particuliers et entreprises à rechercher des solutions alternatives. Parmi elles, le recours à l’énergie solaire gagne du terrain dans une région réputée parmi les plus ensoleillées des Caraïbes, bénéficiant de 2 800 à 3 200 heures d’ensoleillement par an.

Une adoption généralisée, du foyer à l’entreprise

Radel Carno, présenté par Reuters comme un installateur de panneaux à La Havane, constate ainsi une hausse spectaculaire des demandes. Ses clients ne sont plus seulement des particuliers soucieux de leur confort, mais aussi des entreprises contraintes de respecter des plans stricts de consommation énergétique imposés par les autorités.

« C’est sans aucun doute l’une des meilleures solutions pour les entrepreneurs et les entreprises privées », confie Dariem Soto-Navarro, qui a franchi le pas après avoir longtemps dépendu d’un groupe électrogène portatif.

Grâce à des panneaux solaires importés de Chine, son établissement fonctionne désormais en toute autonomie, sans recourir ni au réseau national défaillant ni à un carburant devenu rare. La créativité des Cubains, elle, déborde largement les toits des maisons et des commerces.

Alejandro Arritola, conducteur de pousse-pousse dans les rues de La Havane, a lui aussi trouvé sa propre solution. Chaque matin, avant de partir, il nettoie soigneusement le panneau solaire fixé sur le toit de son tricycle.

Des incitations fiscales pour accompagner le mouvement

« Je m’y préparais depuis longtemps. Dans ce pays, la situation électrique a toujours été difficile. J’avais un vieux pousse-pousse sur lequel j’avais mis deux panneaux, mais ce n’était pas suffisant. J’ai réussi à l’échanger contre ce modèle hybride et à y installer ce panneau. Ça m’aide énormément. Quand il y a une coupure de courant, je le place devant la maison pour le recharger », explique-t-il.

Au-delà de son propre usage, Alejandro se réjouit de voir son initiative inspirer les autres. Ses voisins, ses collègues, ou encore les passants qui croisent sa route, songent désormais eux aussi à équiper leurs maisons ou véhicules de panneaux solaires.

Face à cette ruée vers le solaire, le gouvernement a annoncé, jeudi 19 février 2026, de nouvelles mesures fiscales prévoyant jusqu’à huit ans d’exonération d’impôts pour les entrepreneurs investissant dans les énergies renouvelables.

Selon la vice-ministre des Finances et des Prix, Yenisley Ortiz Mantecón, cette disposition s’inscrit dans la stratégie nationale d’accélération de la transition énergétique et de réduction de la dépendance du pays aux combustibles fossiles.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *