Buenos Aires dit non aux mines autour des glaciers

Le texte de loi ouvrant la voie aux prospections dans les zones glaciaires a été approuvé par le Congrès, sur fond d’importantes manifestations populaires alimentées par des inquiétudes écologiques.

« Les tentatives d’ingérence d’organisations étrangères ont échoué, et les écologistes décidés à bloquer les progrès de la République argentine ont une fois de plus été vaincus ».

C’est dans un élan de triomphe qui lui est familier que le président argentin Javier Milei s’est exprimé, mercredi 8 avril, après l’adoption par le Congrès de sa réforme visant à assouplir la loi de 2010 sur la protection des glaciers. Cette modification ouvre désormais la voie à l’exploration et à l’exploitation minière et pétrolière dans des zones jusqu’ici considérées comme de véritables sanctuaires.

Adopté par 137 voix contre 111, avec 3 abstentions, à la Chambre des députés après l’étape du Sénat en février dernier, le texte lève une protection jugée excessive par les entreprises du secteur. Celles-ci réclament depuis des années une clarification du cadre légal pour sécuriser leurs investissements à long terme.

La réforme transfère aux provinces la compétence de définir leurs propres standards de protection des glaciers et des environnements périglaciaires. De quoi créer une mosaïque réglementaire susceptible d’affaiblir les dispositifs nationaux.

Le gouvernement table sur des retombées économiques

L’exploitation des ressources minières — notamment le lithium, dont l’Argentine détient certains des plus vastes gisements mondiaux — est perçue, dans un contexte de crise économique persistante, comme une opportunité que les partisans du projet jugent impossible à ignorer.

Selon le ministre de l’Économie Luis Caputo, la mesure pourrait générer 165 milliards de dollars d’exportations d’ici 2035 et créer des milliers d’emplois.

« Certaines provinces seront transformées à jamais », a-t-il écrit sur X. Les opposants dénoncent en revanche une dérive préoccupante. Selon eux, la réforme consacre une logique où la croissance prime sur la conservation, au risque de causer des dommages irréversibles à l’environnement argentin.

Une contestation massive a enflammé les rues

Car la dégradation ou la disparition accélérée des glaciers andins sous l’effet de l’exploitation industrielle pourrait priver des millions d’habitants de leur principale source d’approvisionnement en eau, notamment dans les zones semi-arides de l’Ouest et du Sud du pays.

« Si nous autorisons à tort des activités minières qui affectent les bassins versants, et que ces bassins sont nécessaires à la vie de sept millions de concitoyens, nous allons provoquer des impacts sociaux, économiques et politiques irréversibles », a prévenu l’un des parlementaires opposés au projet, cité par Reuters.

L’atmosphère était tout aussi tendue dans la rue, où une foule nombreuse a manifesté son rejet de la réforme. « Je dirais aux législateurs qu’ils ont été élus pour défendre les intérêts du peuple, non ceux des compagnies minières », a lancé un manifestant interrogé avant le début des hostilités par l’agence de presse.

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