L’organisation écologiste a saisi l’occasion du passage de la flamme olympique dans la capitale italienne pour manifester contre la compagnie énergétique nationale.
« Expulsez les pollueurs des Jeux », pouvait-on lire ce 5 février à Milan sur l’une des nombreuses banderoles brandies par Greenpeace contre Eni, le géant énergétique national et partenaire des Jeux olympiques et paralympiques d’hiver de Milano-Cortina.
Pour l’organisation écologiste, la présence d’une compagnie pétrolière et gazière parmi les sponsors d’un événement directement menacé par le réchauffement climatique relève du paradoxe.
En effet, selon les estimations avancées par l’ONG, d’ici 2080, moins de la moitié des sites aujourd’hui aptes à accueillir les Jeux d’hiver resteront climatiquement viables. Cette dégradation est largement imputable à la hausse des températures alimentée par les émissions de gaz à effet de serre issues de l’exploitation des hydrocarbures.
Les sports d’hiver et les Jeux qui leur sont consacrés apparaissent ainsi parmi les premières victimes de cette crise. Tributaires de conditions d’enneigement et de froid de plus en plus instables, ces disciplines pourraient voir leur pratique sévèrement compromise au cours des prochaines décennies.
Une démonstration symbolique
La fonte accélérée des glaciers alpins, particulièrement visible dans les Alpes italiennes où se tiendront les épreuves de Milano-Cortina, illustre concrètement cette menace.
Ce jeudi matin, le passage de la flamme olympique à Milan a offert une tribune idéale au mouvement environnementaliste. Les militants ont installé sur la piazza del Duomo, devant la célèbre cathédrale gothique, une mise en scène frappante : les anneaux olympiques dégoulinant d’un liquide noir, évocation claire du pétrole, pour dénoncer l’influence persistante des énergies fossiles sur un événement censé incarner le sport, la jeunesse et l’avenir.
« Nous sommes ici pour accentuer la pression et demander au Comité international olympique (CIO) d’assumer son rôle de leader en écartant les sponsors pétroliers et gaziers des Jeux », ont expliqué les manifestants.
L’argent avant les valeurs ?
Cette action intervient alors que Greenpeace affirme avoir déjà transmis ses revendications au CIO par courrier, resté sans réponse.
De son côté, Eni soutient dans un communiqué cité par Reuters « partager la nécessité de lutter contre le changement climatique » et réaffirme son intention de poursuivre ses investissements dans la transition énergétique, avec l’objectif d’atteindre la neutralité carbone d’ici 2050.
Le groupe met en avant sa stratégie de diversification et ses projets bas carbone pour justifier sa présence aux côtés des Jeux. La question renvoie au débat mondial sur la place des multinationales fossiles dans le financement du sport et sur la cohérence des engagements climatiques affichés par les grandes compétitions.
Il y a quelques semaines, des militants écologistes avaient également profité de la Coupe d’Afrique des Nations organisée au Maroc pour interpeller la compagnie française TotalEnergies, principal sponsor du tournoi, sur sa responsabilité dans le réchauffement climatique.
