Trump détricote le climat, Obama dénonce un péril sanitaire

Le président américain a révoqué mercredi les normes fédérales sur les émissions des véhicules verts, suscitant la réaction indignée de son prédécesseur.

Des Américains « moins en sécurité », « en moins bonne santé » et « moins préparés à affronter le changement climatique ». Telle est la prévision quasi apocalyptique dressée par Barack Obama à propos des États-Unis, jeudi 12 février 2026, sur Twitter.

Quelques heures plus tôt, Donald Trump avait franchi une nouvelle étape dans son offensive contre les politiques climatiques de ses prédécesseurs en abrogeant les règles fédérales sur les émissions des véhicules écologiques.

Connue sous le nom de « constatation de danger » (Endangerment Finding), cette réglementation découle d’une décision administrative majeure de l’EPA (Environmental Protection Agency), qui détermine si un polluant représente une menace pour la santé publique et l’environnement.

Adoptée durant la présidence Obama, cette pierre angulaire du dispositif juridique encadrant la politique climatique fédérale américaine concerne six gaz à effet de serre, dont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O), l’hydrofluorocarbures (HFC), la perfluorocarbures (PFC) et l’Hexafluorure de soufre (SF6).

Un mécanisme très contraignant

Concrètement, il imposait à l’EPA de fixer des normes d’émission pour les véhicules, les centrales électriques et l’industrie pétrolière. Les entreprises devaient déclarer leurs rejets annuels de gaz à effet de serre, adopter des technologies de réduction — comme les systèmes start-stop ou la surveillance des fuites de méthane — et se conformer à des objectifs stricts sous peine de sanctions.

Sous Joe Biden, ces standards avaient été renforcés au point que l’administration prévoyait que les véhicules électriques représenteraient jusqu’à 56% des ventes d’ici 2032. Une supercherie, selon Trump, qui décrit sa décision comme « la plus grande déréglementation de l’histoire américaine ».

« Sous l’administration Biden, le prix des voitures neuves et d’occasion a augmenté de plus de 22%, tout cela pour faciliter la ‘green new scam’ (l’arnaque du nouveau pacte vert) sans obtenir aucun impact significatif sur l’environnement, mais en rendant les voitures pires« , a-t-il déclaré en marge de la cérémonie d’abrogation organisée à la Maison Blanche.

Une victoire pour le secteur des énergies fossiles

Selon le président républicain, la suppression de la « constatation de danger » permettrait aux Américains d’économiser 1 300 milliards de dollars. Il cite une étude de l’EPA selon laquelle le coût moyen des véhicules baisserait de près de 3 000 dollars, pour atteindre environ 24 000 dollars.

Pour Barack Obama, en revanche, les véritables bénéficiaires de cette décision — qui sera sans doute contestée en justice — ne sont autres que les géants des combustibles fossiles. Alors que de nombreuses voix redoutent un ralentissement dans la réduction des émissions de CO₂ et ses conséquences, Donald Trump botte en touche.

« Ne vous en faites pas. Cela n’a rien à voir avec la santé publique. Tout cela est une escroquerie, une escroquerie géante. C’était un pillage du pays orchestré par Obama et Biden », a-t-il lancé, dans des propos cités par USA Today.

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