En Allemagne, un pari climatique en bonne voie

Berlin reste sur la trajectoire de l’atteinte de ses objectifs fixés à la fin de la décennie. En témoigne la baisse globale de ses émissions durant l’année écoulée.

Selon l’Agence fédérale allemande pour l’environnement (UBA), le pays a vu ses rejets de dioxyde de carbone (CO2) chuter d’environ 3,4% en 2024 par rapport à l’année précédente. Les émissions ont en effet diminué à 649 millions de tonnes. Une tendance favorable aux objectifs climatiques allemands fixés à 2030.

« Je reste confiant », a indiqué le ministre de l’Action climatique et de l’Économie, Robert Habeck, dans des propos rapportés par Reuters, même si la baisse des émissions se révèle moins optimiste que la plupart des récentes prévisions.

Le groupe de réflexion berlinois Agora Energiewende s’attendait à des chiffres préliminaires de 656 millions de tonnes métriques d’après son annonce de janvier. Quant à l’objectif gouvernemental, il était fixé à moins 693,4 millions de tonnes pour 2024.

À l’origine des résultats actuels, la diminution de l’utilisation des énergies fossiles, accompagnée d’une forte augmentation des énergies renouvelables. Celles-ci représentent désormais environ 54% de la consommation brute d’électricité du pays, toujours à en croire Reuters.

Des secteurs encore à la traîne

Cependant, tous les secteurs ne progressent pas aussi bien. Dans les transports et le bâtiment, les réductions d’émissions sont encore trop faibles (seulement 1,4% et 2,3% de baisse respectivement).

Il faut dire que ces deux secteurs sont de moins en moins réceptifs aux politiques de neutralité carbone, dans un contexte de défiance croissante envers les enjeux climatiques à travers l’Europe.

De fait, l’Allemagne pourrait manquer significativement ses objectifs dans le cadre du Règlement européen sur le partage de l’effort (ESR) pour la période 2021-2030. D’autant que cet élément clé de la politique climatique européenne prône des réductions dans des secteurs tels que le transport routier, le chauffage des bâtiments, l’agriculture, l’industrie, etc.

Une baisse à moins 55% par rapport aux niveaux de 1990, que le climat politique local pourrait ne pas favoriser.

Des acteurs dans l’expectative

En effet, les résultats des législatives de fin février n’augurent rien de bon pour la préservation de la planète dans ce pays pourtant modèle sur le sujet vis-à-vis de ses pairs de l’Union européenne (UE).

Avec la victoire du bloc conservateur du bloc CDU/CSU et la bérézina au sein de la gauche et des Verts, les acteurs du climat craignent plus que jamais une érosion des acquis dans ce domaine.

« S’il y a jamais eu un moment pour paniquer au sujet du climat et de la politique, ce serait maintenant« , déclarait à Reuters Luisa Neubauer, une militante écologiste allemande du mouvement Fridays for Future, dans une interview la semaine dernière.

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