Royaume-Uni : le projet pétrolier de Cambo à l’arrêt ?

Shell, une des principales parties prenantes de l’exploitation du titanesque champ pétrolier des îles Shetland, s’est retiré, évoquant des raisons économiques. Suffisant pour jeter aux orties ce projet décrié par les activistes du climat ?

C’est un projet objet de divers commentaires. Tantôt voué aux gémonies, tantôt vanté, le champ pétrolier de Cambo situé aux larges des îles Shetland en Écosse, était devenu ces derniers mois, la principale pomme de discorde entre d’un côté les écologistes, et de l’autre, le gouvernement britannique.

Alors, quand un de ses principaux promoteurs, en l’occurrence Shell, annonce contre toute attente, son retrait, cela suscite fortement des réactions. Et venant du courant des acteurs pro-climat, c’est le satisfecit qui prime après la décision de la major pétrolière anglo-néerlandaise, motivée selon le communiqué publié jeudi 2 décembre, par des considérations économiques. Les études menées jusque-là auraient témoigné d’un investissement qui n’en vaut pas la peine, à en croire Shell, détenteur du projet à 30%.

Joie

L’ONG Les Amis de la Terre a ainsi salué, sur Twitter, une décision opportune dans un contexte de crise climatique mondiale. Quand son homologue de Greenpeace a tenté de mettre la pression sur le gouvernement, arguant que ce dernier était de plus en plus esseulé sur ce projet très décrié, malgré un potentiel estimé à 800 millions de barils de pétrole. En cause, son caractère climaticide illustré par une première phase de 170 millions de barils dont l’exploitation produirait l’équivalent des émissions de gaz à effet de serre de 18 centrales à charbon en activité durant un an, par Greenpeace.

D’où la levée de boucliers des activistes du climat à travers le monde, avec l’organisation début octobre, à quelques semaines de la récente COP26 organisée à Glasgow, d’une manifestation coup de poing contre le projet près du Downing Street, la résidence du Premier ministre, Boris Johnson, par l’ONG britannique. Les scientifiques indiquent par ailleurs que le monde doit immédiatement cesser les financements des énergies fossiles, s’il tient à maintenir le niveau de réchauffement à 1,5 degré Celsius.

Souveraineté énergétique

Reste que le Royaume-Uni y tient particulièrement, malgré ses engagements à atteindre la neutralité carbone en 2050. Pour Boris Johnson et son équipe, Cambo représente pour le Royaume-Uni, un moyen d’amoindrir sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur en matière d’hydrocarbures.

Le retrait de Shell laisse Siccar Point Energy détenteur à 70% du projet, désormais seul aux manœuvres. Mais la décision finale quant à l’exploration ou non appartient au gouvernement.

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